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Par Kasparov le vendredi 24 septembre 2004, 13:30 - Essai(s) - Lien permanent
Les cartes s’étalaient devant lui, comme des centaines de fois auparavant. Pas tout à fait comme avant cependant, chaque fois était unique, mais le principe de base subsistait perpétuellement. Battre les cartes, couper, étaler le jeu, puis laisser les doigts courir dessus et choisir l’avenir.
Une rencontre.
Un changement.
Un danger.
Il ne savait jamais exactement si les cartes lui parlaient de passé, de présent ou de futur. Elles étaient tout au plus un indicateur, pas un moyen d’orienter sa vie, d’autres y avaient déjà pourvus.
Son existence était un danger perpétuel, tant pour lui, que pour les autres, en y réfléchissant. Le changement était survenu il y a longtemps. Il ne restait que la rencontre. Et voilà bien longtemps qu’il ne rencontrait plus personne, il croisait tout au plus, mais ne rencontrait plus. Il ne s’en tirait pas plus mal d’ailleurs. Les gens, comme le reste, glissaient sur lui comme les années. Un coup de vent le fit frémir, plus par réflexe que par réelle sensation de froid ou de frisson. Il rattrapa une carte qui menaçait de s’envoler, rassembla les autres, les rangea dans leur boite usée par les ans, et remis le tout dans la poche intérieure de son long manteau. Il se releva doucement, s’épousseta brièvement et réajusta son col. Il s’approcha de la fenêtre cassée, regardant en bas les phares des quelques voitures qui circulaient encore à cette heure avancée, et sauta dans le vide.
Commentaires
la nuit l'engloutit
...
le vent apporte toute sorte de nouvelle
mais quelle était donc cette carte ?