14
Par Kasparov le mercredi 5 janvier 2005, 15:47 - Essai(s) - Lien permanent
Elle s’était levée tard. Il faut reconnaître qu’elle pouvait se permettre de prendre son temps. Plus besoin de courir, de se presser, elle pouvait profiter du temps qui passe et donc s’accorder ces quelques minutes de sommeil supplémentaire. Elle habitait à Lille Fives, coté Caulier. Quartier riche, tranquille, exactement ce qui lui fallait. Elle vivait dans un appartement lourdement décoré : s’y croisaient plusieurs âges, plusieurs styles, dans un ensemble relevant par endroits de la cacophonie visuelle. Le lit à baldaquin d’inspiration byzantine côtoyait une coiffeuse dans le plus pur style louis XVI. Les cartes trônaient là, comme toujours. Elle tendit la main vers elles puis se ravisa : elle avait envie de sortir seule ce soir. Elle s’apprêta rapidement : pantalon noir, bustier de velours rouge sombre, escarpins assortis. Son long manteau élimé vint compléter la tenue. Un trait de noir sous les yeux, un peu de pourpre aux lèvres et elle fut dehors, direction le centre ville. Elle n’avait pas mangé depuis deux jours, et la faim lui tenaillait le ventre. Tout en marchant elle interrogeait ses papilles. De quoi avaient elles donc envie ? Italien ? Grec ? Tex-Mex ? Japonais ?
Les saveurs étaient radicalement différentes et la finesse des plats tout autant, le choix était donc particulièrement délicat. Elle avait faim avant tout, loin d’elle l’envie de plats goûtus, elle voulait juste quelque chose pour se remplir l’estomac. Le grec sembla se désigner de lui même. Quelques instants de réflexion lui permirent d’établir que vu l’endroit où elle se trouvait, trouver un grec allait relever du miracle, mais qu’importe, elle se sentait en veine et se mit donc en quête. Une demie heure plus tard, elle errait dans les rues sur vieux Lille, et commençait à désespérer lorsque, provenant du fond d’une cour sombre, elle vit ce qu’elle cherchait. Un rapide coup d’œil lui apprit qu’elle était la seule cliente. Elle s’approcha d’un pas ferme mais discret, et empoigna son sandwich à pleines mains, juste avant d’y planter les dents.
Le téléphone tomba sur le sol, une voix féminine s’exprima en grec quelques instants, puis fut recouverte par le corps de l’infortuné, qui s’effondra, exsangue.
Elle observa les fenêtres pour s’assurer de l’absence de témoins, et s’en fut tranquillement par là où elle était arrivée.
Commentaires
grrrrr :D
Quoi ?
Qu'est ce que j'ai fait encore ?
rien !
ca me plait :)
si je peux me permettre.. ça tourne un peu en rond dans le sens où si l'on a déjà lu quelques uns de tes "essais" on n'a véritablement aucune surprise en arrivant à la fin du texte.. C'est un peu trop redondant même si évidemment j'apprécie le style.
Il faut noter que les numéro se suivent dans la mesure où c'est une histoire... il donc "normal" que ça tourne un peu en rond, vu que c'est la même chose... ;)
Enfin je trouve.
alors dans ce cas là pourquoi ne pas faire une rubrique essai? ce serait quand même plus aisé pour nous chers lecteurs à chaque fois impatient d'une nouvelle production kasparovienne.. Peut être y'en a-t-il une et dans ce cas là elle m'a vraiment échappée.. Soit je suis effectivement bigleuse et ça ne me surprendrait pas outre mesure!
Alors où qu'elle est la rubrique?
Je suis surement naïve ou un peu bête, mais moi je me fais avoir à tous les coups !
Euh.
Oué.
Bon le tri par rubrique est passé à la trappe lors du dernier relooking.
J'avoue.
J'ai honte.
Shame on you
et j'espère que tu sauras remédier à cettre grave lacune!