(1)I. FIER (r se prononce), FIÈRE adj. XIe siècle. Issu du latin ferus, « sauvage ».
1. Class. En parlant d'un animal. Sauvage, farouche. Un taureau fier. CHASSE. Difficile à approcher ou à apprivoiser. Un faucon fier. - HÉRALD. Lion fier, à la crinière hérissée. Par anal. Se dit d'un marbre, d'une pierre que sa grande dureté rend difficile à travailler.
2. Litt. Audacieux, intrépide, qui méprise les périls. De fiers combattants. Un fier coursier. Par méton. Un œil, un regard fier. Une fière contenance. Expr. fam. Par litote. Ne pas être fier, être inquiet ou avoir peur.
3. Qui a un vif sentiment de sa qualité, de sa dignité, de son honneur. Un fier gentilhomme. Une âme fière, un caractère fier. Il est trop fier pour solliciter de l'aide. Par méton. Des paroles dignes et fières. Une attitude noble et fière. Avoir fière allure, un maintien noble et digne, de l'élégance, de la prestance.
4. Qui affecte un air hautain, méprisant ; qui est imbu de sa personne. Un homme fier et distant. Cette femme est trop fière. Il se montre fier avec nous, envers nous, à notre égard. Expr. Être fier comme Artaban, par allusion à un personnage d'un roman de La Calprenède, être exagérément content de soi et vaniteux. Fier comme un paon, fier comme un coq. Fam. Il n'est pas fier, il est d'un abord simple et facile, ne manifeste aucun mépris aux personnes d'un rang moins élevé. Subst. Faire le fier, la fière. Par méton. Qui exprime l'arrogance, la prétention, la hauteur. Arborer une mine fière. Parler d'un ton fier et suffisant. Une réponse fière et hardie.
5. Être fier, se montrer fier de quelqu'un ou de quelque chose, en tirer une vive satisfaction d'amour-propre, en concevoir du contentement, ou même de la vanité. Être fier de ses enfants, de ses succès, de ses richesses. Il se montre fier de sa naissance. Il est tout fier de cette réussite, d'avoir réussi. Il n'est pas peu fier de lui. Expr. Ne pas être fier de soi, avoir honte ou se sentir penaud après une faute, un échec. Il n'y a pas de quoi être fier, pas matière à se vanter, rien dont on puisse tirer vanité.
6. Fam. Toujours placé avant le nom. Grand, fort, remarquable. Il m'a rendu un fier service. Il a montré un fier courage. Avoir un fier toupet. Expr. Je lui dois une fière chandelle, une grande reconnaissance. Iron. C'est un fier imbécile, une fière canaille.

(2)II. FIER v. tr. et pron. (se conjugue comme Crier). XIe siècle. Issu, par l'intermédiaire du latin populaire *fidare, « confier », du latin classique fidere, « avoir confiance ».
1. V. tr. Très vieilli. Remettre à la fidélité de quelqu'un ; confier. Fier son bien, son honneur à un proche. Fier un secret à un ami.
2. V. pron. Se fier à, mettre sa confiance en, s'en remettre à. Fiez-vous à moi. Fiez-vous-en à moi. Ne vous fiez pas aux flatteurs. Vous pouvez vous fier à lui du soin de vos affaires. On ne sait plus à qui se fier. Class. Se fier en, se fier sur, s'en rapporter à, compter sur. Par ext. Je me fie à votre discrétion. Ne vous fiez pas trop à votre mémoire, à votre facilité. Ne pas se fier aux apparences. À votre place, je ne m'y fierais pas. Bien fou qui s'y fie ! Par antiphrase. Fiez-vous à cela, n'y comptez pas. Fiez-vous à ses belles promesses !

(3)FIER-À-BRAS n. m. (pl. Fiers-à-bras ; au pluriel comme au singulier, se prononce fièrabra). XIVe siècle. De Fierabras, personnage de géant sarrasin dans des chansons de geste.
Fanfaron ; faux brave. Jouer les fiers-à-bras.