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Par Kasparov le mercredi 2 mars 2005, 15:05 - Essai(s) - Lien permanent
Arthur s’assit calmement. Il était pourtant loin d’arborer la même sérénité intérieure. Il sentait que la question de Thomas n’était pas anodine et il se demandait où ce dernier voulait en venir.
-Les nuits sont calmes ces derniers temps, commença Arthur. Je n’ai rencontré personne depuis des jours. Des semaines peut être. Et encore, le dernier n’était qu’un apprenti.
-Les autres n’ont pas eu de meilleurs résultats, le contraire serait d’ailleurs étonnant, n’est ce pas ?
Arthur répondit par un furtif hochement de tête. En effet se dit-il, personne d’autre a l’Agence ne semblait doté des mêmes facultés que lui. Facultés dont il ne connaissait toujours pas l’origine.
-A ce propos, Thomas, est ce que vous avez eu des informations concernant…
-Quelle est ton analyse de la situation ? Le coupa Thomas.
Arthur fut surpris par l’intervention de son supérieur, mais il se reprit aussitôt.
-A vrai dire je n’ai pas tellement étudié la question, mais je dirais que de deux choses l’une : ou même les plus jeunes d’entre eux sont devenus très malins, ou nous leur faisons peur, et ils n’osent plus sortir.
Thomas sembla amusé par cette dernière réponse.
-Nous leur ferions peur ? Non, Arthur, nous ne leur avons jamais fait peur, jamais au cours de ces derniers siècles, jamais depuis que nous les combattons, alors je doute que nous soyons devenus tout d’un coup une menace suffisante pour les faire se terrer chez eux. Ceci dit, ils
ont effectivement peur. Je ne sais pas exactement quoi, et je compte donc sur toi pour le découvrir et faire la lumière sur cette affaire. Quelque chose rode en ville et les terrorise, tu peux me croire. Tu peux disposer.
Arthur était abasourdi par ce que venait de lui dire Thomas. Bien sur il ne croyait pas que l’Agence pouvait leur faire peur. Mais il n’osait imaginer ce qui pouvait les terroriser à ce point.
Thomas s’était déjà replongé dans ses papiers. Il fit demi tour et se dirigea vers la porte.
-Fais attention à toi, l’interpella Thomas. Si leurs apprentis sont trop effrayés pour mettre le nez dehors, je doute que les maîtres résistent à la tentation de sortir.
-Mais j’y compte bien, répondit il.
Arthur souriait en quittant la pièce.
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